Avant de parler d’IA ou d’automatisation, les PME doivent régler un problème beaucoup plus simple (et beaucoup plus urgent)

Cette année, chez Sympl, on a discuté avec plus de cinquante entreprises en Suisse romande. Des petites structures, des PME familiales, des ateliers, des entreprises de services, des artisans… Des réalités très différentes, mais un point commun est revenu partout :

la digitalisation n’est pas structurée.

Et ce n’est pas un jugement.

C’est une observation très concrète du terrain.


1. La plupart des entreprises ont digitalisé… mais pas organisé

Depuis quelques années, beaucoup de PME ont commencé une forme de digitalisation.

Un logiciel pour les devis.

Un autre pour la compta.

Un pour les RH.

Un pour les plannings.

Des fichiers Excel “maison” pour combler les trous.

Et parfois… encore un peu de papier.

Au final, ça donne quelque chose comme ça :

  • une dizaine d’outils,
  • aucune connexion entre eux,
  • de la double ou triple saisie,
  • des informations stockées partout,
  • des processus qui changent selon les personnes,
  • et zéro visibilité globale.

Ça fonctionne, mais au prix d’une énorme perte de temps et d’énergie

Et surtout : ce n’est pas stable.


2. Le problème n’est pas la technologie, mais ce qu’il y a en dessous

On parle beaucoup d’IA, d’automatisation, de workflows intelligents.

Mais très honnêtement :

le sujet actuel des PME romandes n’est pas là.

Aujourd’hui, le vrai blocage vient d’ailleurs :

  • les systèmes ne sont pas structurés,
  • les données ne sont pas centralisées,
  • les outils travaillent en silo,
  • les processus ne sont pas clairs.

Et tant que ce problème n’est pas réglé, on ne peut pas aller plus loin.

Parce que si tu mets de l’IA sur des données incohérentes…

tu obtiens des résultats incohérents.

Ce principe, on l’appelle souvent :

garbage in, garbage out (ou en anglais plus familier : “shit-in, shit-out”).

L’IA n’invente pas une structure.

Elle amplifie ce qui existe — dans le bon comme dans le mauvais sens.


3. Des exemples concrets du terrain (qui parlent à toutes les PME)

L’entreprise où le même client est saisi 4 fois

Une fois dans le CRM,

une fois dans la facturation,

une fois dans l’ERP,

et une fois dans Excel “pour être sûr”.

Résultat : quatre versions différentes de la vérité.

L’atelier où les fiches de production numériques existent… mais où tout le monde continue le papier “par habitude”

Parce que personne n’a un endroit clair où retrouver l’info.

Et parce que les outils ne parlent pas entre eux.

La PME où le planning est digital, mais réécrit chaque semaine sur un tableau blanc

Parce qu’une personne n’a pas confiance dans le logiciel.

Ou parce qu’une autre ne sait pas l’utiliser.

L’entreprise où chaque collaborateur a développé sa propre manière de stocker les données

Ce qui veut dire que personne ne retrouve rien quand la personne n’est pas là.

Ces situations ne sont pas exceptionnelles.

Elles sont… la norme.

Et elles montrent bien que le problème n’est pas la digitalisation, mais son manque de structure.

 

4. Tant que ce problème n’est pas réglé, l’entreprise ne peut pas évoluer

C’est ici que l’argument devient vraiment important :

  • On ne peut pas automatiser ce qui n’est pas clair.
  • On ne peut pas mettre de l’IA sur des données qui ne sont pas fiables.
  • On ne peut pas optimiser un processus qui n’existe pas réellement.

L’automatisation et l’IA ne sont pas des solutions magiques.

Elles reposent sur :

  • des processus stables,
  • des données propres,
  • des flux logiques,
  • une architecture cohérente.

Sans cette base, les technologies avancées deviennent soit impossibles à mettre en place, soit totalement inefficaces.


5. Structurer, ce n’est pas “ralentir le progrès”.

C’est ce qui permet d’y accéder.

Structurer la digitalisation, ça veut dire :

  • réduire le nombre d’outils,
  • centraliser les données,
  • connecter les systèmes entre eux,
  • clarifier les processus,
  • harmoniser les pratiques.

Ce travail donne aux PME deux choses essentielles :

Des fondations solides
Moins de chaos → plus d’efficacité → meilleure visibilité. 

La possibilité réelle d’automatiser ou d’intégrer l’IA plus tard

Pas de technologie avancée sans structure.

Pas d’intelligence sans données fiables.

C’est logique.

C’est simple.

Mais c’est la partie qu’on oublie souvent.


Conclusion

Aujourd’hui, le sujet central pour les PME n’est pas l’IA.

Ni l’automatisation.

Ni les outils “révolutionnaires”.

Le vrai sujet, c’est l’état actuel de leur digitalisation :

trop d’outils,

pas de structure,

informations dispersées,

processus non alignés.

Et tant que cette base n’est pas clarifiée, il sera impossible de faire évoluer l’entreprise vers des technologies plus avancées.

En résumé :

avant d’être intelligent, un système doit être structuré.

C’est cette étape-là qui fera vraiment la différence dans les années à venir.

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