Aujourd’hui en Suisse, de plus en plus de salariés témoignent d’un mal-être au travail, d’un stress chronique, voire d’un épuisement émotionnel. Par exemple, le Promotion Santé Suisse / Zürcher Hochschule für Angewandte Wissenschaften (ZHAW) notent, via le Job Stress Index 2022, que 30,3 % de la population active se déclare « épuisée émotionnellement ». Promotion Santé Suisse+2ind.obsan.admin.ch+2 Par ailleurs, le nombre de salariés affirmant ressentir du stress au travail est passé de 18 % en 2012 à 23 % en 2022. SWI swissinfo.ch+2Admin News+2 Dans certaines études, on estime qu’environ 17 % des Suisses déclarent avoir déjà souffert d’un burn-out. RTS+1
Ces chiffres sont alarmants — et ils montrent que le problème ne concerne pas que quelques cas isolés : un nombre significatif d’employés vit une réelle souffrance liée au travail. Mais pourquoi autant de stress, d’épuisement ou de burn-out ? Certes, les causes sont multiples (surcharge de travail, rythme, flexibilisation, pressions externes, manque de reconnaissance). travailsuisse.ch+2SWI swissinfo.ch+2 Toutefois, un facteur fréquemment négligé mais fondamental mérite qu’on s’y arrête : la qualité des processus internes de l’entreprise.
Processus inefficaces = stress quotidien
Quand une entreprise fonctionne avec des processus désorganisés — double saisie, fichiers disparates, information perdue, procédures floues, dépendance à des individus isolés — cela engendre :
- des tâches répétitives, chronophages ou inutiles ;
- des erreurs ou des pertes d’informations ;
- une impression d’inefficacité, de gaspillage de temps ;
- un sentiment d’instabilité et de manque de contrôle pour les employés ;
- une pression grandissante sur les managers, qui voient leur productivité stagner, ce qui peut accroître les tensions internes.
Ces contraintes quotidiennes, cumulées sur le long terme, créent un climat de stress constant. Un travailleur submergé par des processus inefficaces finira plus facilement épuisé, démotivé, parfois désengagé — conditions favorables au burn-out.
Quand le « système » vous fait tomber, par les gens
Souvent, les responsables blâment les individus : “tu n’es pas assez rapide”, “tu ne t’organises pas bien”, “tu manques d’engagement”. Mais c’est injuste — et erroné — si le vrai problème vient du système.
Une entreprise organisée, fluide, transparente — avec des processus définis, cohérents, simples — réduit le risque de stress lié à l’organisation du travail. Elle donne du cadre, de la clarté, de la sécurité, et donc un ressenti de maîtrise et de sérénité.
Quand un employé sait comment il doit faire, où trouver l’information, à qui s’adresser — le travail n’est plus source d’incertitudes, mais devient prévisible, gérable, efficace.
Conséquences collectives : santé, absence, coût économique
Le stress chronique et l’épuisement ont un impact bien au-delà de l’individu. Le stress professionnel coûte à l’économie suisse — selon le Job Stress Index — près de CHF 6,5 milliards par an. Promotion Santé Suisse+2SWI swissinfo.ch+2 Les absences pour raisons de santé, le présentéisme (être présent physiquement mais inefficace), la baisse de motivation, la turnover… Tout cela pèse sur l’entreprise.
Sans un effort réel pour repenser les processus internes, on continue de payer — en santé, en qualité, en performance, en réputation.
Conclusion : pour le bien-être et la performance, les processus comptent
Le monde du travail en Suisse traverse une crise silencieuse : le stress, l’épuisement et le burn-out gagnent du terrain. Mais derrière ces phénomènes souvent attribués à des facteurs extérieurs, il y a aussi — très souvent — des défaillances internes : des processus mal pensés, mal structurés, trop lourds, mal documentés.
Si une entreprise veut vraiment préserver la santé de ses employés et assurer sa performance sur le long terme, elle doit considérer ses processus comme un actif stratégique. Penser les processus avec soin, les simplifier, les clarifier, c’est offrir un environnement de travail plus sain — moins stressant — et plus durable.
Mettre l’accent sur l’analyse et l’optimisation des processus internes, c’est une démarche d’entreprise responsable : pour le bien-être de tous — salariés, managers — et pour la pérennité de l’organisation.